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Hiroshima
Le trajet de Tokyo à Hiroshima dure quatre heures et dix minutes en
Hikari (Shinkansen à arrêts limités), avec un changement à Osaka. Le
mien est périlleux, car je n’ai que six minutes pour trouver mon
nozomi dans la tentacullaire gare de Shin-Osaka.
La gare de Hiroshima n’a pas de cachet particulier ; c’est un vaste
complexe fait pour accueillir les trains Shinkansen et les
nombreuses lignes locales Sanyo, ainsi qu’un centre commercial. Pas
vraiment décidée à jouer à l’exploratrice en trainant ma valise
derrière moi, je prends donc un taxi, dirrection l’hôtel « Central
Hotel ». Comme son nom l’indique, l’établissement se situe au centre
du Hiroshima à visiter (Peace Park, le château de Hiroshima, le
centre animé de Hachobori... tout se trouve à 15-20 minutes à pied).
Après un rapide check-in, je sors bien vite pour profiter des bords
de la rivière Kyobashi-gawa, agréablement aménagés pour les
promenades. De petits bâteaux de plaisance flottent sur la rivière,
et des feuillus cachent les hauts bâtiments modernes qui vérolent le
paysage. Suivant le plan bien dessiné des berges, je rejoint donc la
Heiwa Dorii (Boulevard de la paix) sans problème. L’avenue commence
au pont Tsurumi-bashi, passe par le sud du Peace Memorial Park, et
continue bien au-delà du pont Midori-Ohashi, enjambant la rivière
Temma-gawa, sur 3.6 kilomètres. Large de trois voies dans les deux
sens (100 mètres), bordées de jardins dédiés au thème de la paix, la
Heiwa Dori ressemble beaucoup plus à nos boulevards occidentaux qu’à
ceux étriqués qui sont le lots des grandes villes japonaises où la
place fait cruellement défaut. Malheureusement, le bruit de la
circulation parasite un peu ce long espace de verdure...
Il est difficile de manquer le Musée de la Bombe Atomique, et le
Peace Park, car non seulement la Heiwa-Dori y mène, mais la
direction est abondamment indiquée tout le long.
Le Musée de la Paix
En forme de longue barre de verre, le bâtiment fut établi en 1955,
puis remodelé en 1991 et 1996. Le musée de la Paix se trouve dans
les ailes Ouest et principale. L’entrée de l’exposition permanente
est au niveau 1 du bâtiment Est, qui est relié au bâtiment
principal. Après une introduction audiovisuelle d’ensemble, sont
présentés l’histoire d’Hiroshima et celle du développement de la
bombe atomique jusqu’à son largage sur la ville, sous forme de
divers panneaux, photographies, vidéos et maquettes. C’est là qu’on
peut y voir une montre arrêtée à 8h15 du matin, heure à laquelle la
bombe A a explosée au-dessus de Hiroshima, ainsi qu’une maquette à
l’échelle 1 du Dôme de la Bombe A.
Les niveaux 2 et 3 de la même aile comprennent des maquettes, des
photos et des panneaux d’exposition décrivant Hiroshima après le
bombardement, et la lente résurrection de la ville. La bombe A –
dénommée « Little Boy » - détonna à environ 600m au-dessus de la
ville, après avoir été larguée par le bombardier américain « Enola
Gaye ». Les rayons de chaleur – atteignant 5 000 degrés centigrades
au sol – et l’explosion incendièrent et pulvérisèrent presque tous
les immeubles qui se trouvaient dans un rayon de 2km de
l’hypocentre.
Après le bombardement atomique, toutes les structures de base de la
ville étant détruites, Hiroshima ne pouvait plus fonctionner comme
une ville normale. Soldats revenus de fronts, réfugiés revenus des
temples de campagne et citadins rescapés du souffle atomique se
retrouvèrent donc face à la reconstruction d’une ville à partir de
presque zero.
A ces mêmes étages, on peut également trouver un panorama assez
complet sur l’Ere nucléaire » ; théorie de la « disuasion
nucléaire » et sa mise en oeuvre pratique, état actuel de l’arsenal
nucléaire dans le monde... N’oublions pas l’interessante liste des
incidents nucléaires, reconnus ou non par les pays concernés.
Le bâtiment principal expose des objets de la bombe atomique et
livre des témoignages de certaines victimes de la bombe aromique
(certaines n’ayant pas survécus longtemps après le bombardement).
L’une des expositions les plus émouvantes est sans doute celle
concernant les élèves et lycéens mobilisés pour détruire des
immeubles pour en faire des pare-feus. La plupart des enfants n’ont
jamais été identifiés, leurs corps ou leurs cendres jamais rendus
aux parents, à l’exception de leurs effets personnels retrouvés sur
leur lieu de travail. La plupart des objets visibles dans les
vitrines furent découverts par des membres de leurs familles qui,
inquiets, étaient partis à leur recherche dans les décombres
calcinés.
Autres objets émouvants ; les grues en papier pliées par Sadako
Sasaki (Agée de deux ans au moment du bombardement, elle mourut à
l’âge de 13 ans, d’une leucémie résultant des radiations), un volet
souillé par la pluie noire (contenant des substances radioactives et
qui contamina une grande partie du nord-ouest de la ville), et
l’ombre d’une personne visible sur un pérron en pierre.
Je suis
capable de prendre des photos en toute circonstance, mais j’ai senti
de le besoin de me retenir dans cette exposition. L’ensemble des
documents présentés, l’atmospère qui y régne soulèvent rapidement
l’émotion et suscite le recueillement.
Ce
musée n’est en rien comme les autres, et nombreux sont ceux qui
fondent en larmes en milieu de parcours.
Le Parc de la Paix
Construit sur la même initiative que le Musée de la Paix, le Parc de
la Paix, qui entoure le musée, est composé de différentes parties,
dédiées chacune à un aspect du bombardement d’Hiroshima. En voici
une liste non-exhaustive ;
Le Dome de la Bombe A : ancien Hall pour la promotion industriel,
c’est le bâtiment le plus proche de l’hypocentre qui soit encore
debout.
Le tertre funéraire de la Bombe-A, qui habrite les cendres de 70,000
victimes non identifiées de la Bome-A.
Le Cénotaphe de la Bombe-A, recouvrant les noms des victimes de la
Bombe-A.
Le Cénotaphe des victimes coréennes.
Une pierre tombale décapitée par le souffle atomique.
La Cloche de la Paix
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