Archive for August 2007
Japon – Tokyo : Le marché de Tsukiji
Suite de mes aventures d’Obon… Bien que la visite de Tsukiji puisse se faire tout au long de l’année…
Le Marché Central de Tokyo est connu par les occidentaux sous le nom plus général du Marché aux Poissons de Tokyo, bien qu’il soit une plaque tournante pour le négoce d’autres produits naturels (légumes, viandes, fleurs, etc), à l’exception du riz. Le premier « fish market » de Tokyo ne se trouvait pas à Tsukiji, mais le long de la rivière Nihombashi, près du pont du nom du même nom. Construit au début des années 1600 sur les ordres de Tokugawa Iyeayasu pour fournir en poissons et produits frais le château d’Edo, il était le point de réceptions des bateaux en provenance de Tsukudashima (dans la baie de Tokyo). Comme de nombreux bâtiments, il ne résista pas au tremblement de terre de 1923 ; ravagé par le feu, il fut déplacé à Tsukiji, plus bas dans la baie, un site officialisé comme Marché Central de Tokyo en 1935.
Ci-dessous; une allée parmi les petits magasins de grossistes:

Avec le changement des modes d’acheminement et d’entreposage des produits frais, Tukiji a commencé à montrer ses limites dès le début des années 90. Un plan de rénovation sur 20 ans fut lancé en 1991 par le gouvernement métropolitain de Tokyo (son administrateur), prévoyant l’ajout de nouveaux entrepôts dans de véritables gratte-ciel, et permettant de doubler la capacité du marché. La situation actuelle semble avoir changé, car il serait maintenant question de déplacer le marché aux frontières de la préfecture de Chiba, le long des côtes. Le projet, lancé par M. Ishihara, l’actuel maire de Tokyo, s’appuie sur plusieurs arguments ; le marché, grouillant et toujours tangent sur le point des normes de sécurité (en particulier sur l’amiante), détonne dans une ville désireuse d’obtenir une image de marque « chic et moderne », et montre son inaptitude à s’adapter aux évolutions de la grande distribution. L’approvisionnement est également mis en cause ; à l’heure actuelle, 90% des produits sont acheminés par air jusqu’à l’aéroport de Narita, puis sont re-routés sur Tsukiji par camions (et non pas par bateaux ; la baie de Tokyo n’est guère accessible aux thoniers de haute mer ^^!, et Narita est de-facto l’un des principaux ports du Japon). Les « pro-Tsukiji » avancent que ce déménagement sonnera le glas d’une des grandes traditions de Tokyo, et la mort des petits commerces et restaurants de sushi autour de Tsukiji. De plus, les sols du nouveau site seraient pollués… Qui gagnera cette bataille ? Tsukiji cessera-t’il d’exister à partir de 2012 ? Rien n’est décidé, et un complément d’étude aurait été requis par M. Ishihara.
Début 2000, il y aurait eu plus de 1,500 magasins de gros employant 15,000 personnes. Des chiffres très certainement à réviser à la baisse, le volume traité étant annuellement en chute, passant de 800,000 tonnes en 1986, à 540,000 tonnes en 2006. Le travail commence à 3h00 du matin, et la criée pour le thon à 5h25 (jusqu’à 6h30). Le marché est fermé le dimanche et les jours fériés, ainsi que d’autres jours événements qui lui sont propres.

Venir à ce marché vers 5h45 est une bonne option, car à cette heure là, le badaud peut assister au ballet incessant des lifts transportant blocs de glaces, palettes remplies de poissons et thons (décapités). La première impression est en fait que ce marché est un franc désordre, un monde grouillant dans l’eau et le sang des poissons. Il convient donc de s’équiper ; pantalons jusqu’aux chevilles, chaussures fermées voire… bottes ! On patauge dans la flotte, et attention aux éclaboussures de bouts de poissons (et oui ^^… Cela découpe sec là-bas… !). Il faut également ouvrir l’oeil et le bon, car les lifts roulent à fond la caisse dans les étroites allées, et il est totalement déconseillé de se faire renverser par l’un d’entre eux, sous peine de voler dans les étalages. Et enfin, les employés du marché sont là pour travailler, et n’hésitent pas à envoyer promener les touristes (on ne peut pas leur en vouloir, leur travail n’est pas facile). Je me suis personnellement perdue dans la criée et me suis faite renvoyée dans la petite zone pour touristes avec un retentissant « Out ! ». Il faut dire que j’avais mis les pieds dans la zone réservée aux crieurs et marchands de gros sous licence. ^^


Pour finir, quelques photos et vidéos de la criée ; elles ne plairont pas toutes aux amis de flipper le dauphin… Une fois encore, il faut bien comprendre que dans ce marché, le poisson est de la “matière première”…
Vidéos ; une vente à la criée, et dans les petites allées du marché.
Japon – Tokyo : Fukagawa, l’autre Shitamachi
Ce post, ainsi que plusieurs autres, est consacré à la visite de Monzen-Nakacho et de Fukugawa, lieux symboliques du Shitamachi (“quartiers populaires”) de Tokyo, bien que moins connu des occidentaux que Asakusa ou Ryogoku.
- Commençons par un peu d’histoire…
En 1657, à l’époque du « Feu des Longues Manches » qui détruisit une large parte d’Edo, et en particulier Nihombashi et Hachobori, la zone s’étendant à l’Ouest de la rivière Sumida n’était qu’un marécage. Une fois les cendres de l’incendie éteintes, les survivants se réinstallèrent dans cette étendue en friche, suffisamment éloignée du cœur de la cité pour les préserver d’un éventuel nouvel incendie(*). Les quelques villages déjà existants devinrent les centres d’un commerce de bois de charpente, et se virent entourés de hangars et de docks.
Ci-dessous; un restaurant typique à la sortie de la station Monzennakacho et une guérite ambulante de vendeur de ramen.


Le commerce du bois conduisit de nombreux travailleurs extérieurs à Fukagawa à venir gagner leur pitance dans les entrepôts et les docks, à une époque où il n’existait qu’un seul pont sur la Sumida pour joindre les deux rives. S’y est donc développé un quartier « non-licencié », indépendant de la juridiction d’Edo, pour le plus grand plaisir des travailleurs de Fukagawa. Le feu qui détruisit Yoshiwara contribua a amené d’avantages de clients à cette zone de non-droit.
Le temple Tomioka-Hachimangu


Japon – Tokyo : Ciel d’août
Une fois n’est pas coutume, je suis rentrée tôt chez moi (18h45) pour cause de livraison. Cela m’a permis d’admirer un splendide ciel rougeoyant au coucher de soleil (et oui, le crépuscule est tôt en toute saison au Japon).
En direction de Shinjuku…

En direction d’Ikebukuro…



