Archive for August 2008
Angleterre – Leeds Castle, Dover et Canterbury
Réveil tout aussi matinal en ce troisième jour de visite de Londres, car je joue une nouvelle fois à l’assistée en me faisant transporter. Départ à l’aurore de l’hôtel pour atteindre le même point de rendez-vous que la veille ; la Gare Victoria, non loin de Westminster. Tout comme la veille, un bon nombre de touristes font le pied de grue dans la fraîcheur du matin londonien, en attendant qu’un guide vienne les chercher. Cette fois-ci, j’ai droit à une femme d’une quarantaine d’années, qui égraine le programme en anglais et en espagnol. Le bus nous emmène aujourd’hui en trois lieux ; le château de Leeds, Douvres et la petite ville de Canterbury.
- Le château de Leeds
Nous arrivons à la première étape au bout d’une heure d’autoroute depuis Londres. Le bus emprunte un chemin campagnard au milieu d’un grand foret par-dessus lequel flotte une grosse montgolfière.
Ouvert au public en 1976, le château de Leeds fut construit en 1119 sur la commande de Robert de Crève-cœur. Tour à tour palais royal pour Édouard Ier d’Angleterre et Eleanor de Castille (1278) puis objet d’un siège par le roi Edward II (en 1321), le château fut également la prison temporaire d’Élisabeth I avant son couronnement.
En 1926, Lady Baillie, une héritière américano-britannique, racheta le château et entreprit sa décoration et sa rénovation extérieure, puis établit une fondation, visant à assurer la pérennité du château. Celui-ci servit de décors à un rendez-vous entre le président Égyptien Sadat et le ministère des Affaires Étrangères Israélien Moshe Dayan en 1978, ainsi que deux concerts d’Elton John, en 1999.
Angleterre – Salisbury, Stonehenge et Bath
Une fois n’est pas coutume, je vais me laisser transbahuter aujourd’hui. J’ai réservé sur Internet un voyage dans le Wiltshire, avec comme lieux de visite ; Salisbury, Stonehenge et Bath.
Pour la première fois, je me colle aux transports en commun à l’heure de pointe, car je dois être à 8 h 20 pile au départ des bus, près de la gare centrale Victoria. Force est de constater que le tube londonien est lent et très mal indiqué, rendant les changements périlleux. C’est donc sur le fil, et légèrement essoufflée, que j’arrive au point de rendez-vous et m’engage dans la file d’attente. Il était moins une ; le guide a commencé l’appel.
- En route pour Salisbury
Une fois les derniers retardataires arrivés, notre bus quitte la gare routière et s’engage dans un dédale de rues, permettant de découvrir l’Ouest de Londres, qui est fort coquet voir huppé. Très vite, les habitations se font plus petites et les premiers champs apparaissent. Le guide – un vieux monsieur en complet veston crème et portant un canotier – nous explique dans un anglais pur british que les surfaces agricoles sont très étendues en Angleterre. Une affirmation que je crois volontiers ; en deux heures de route, il n’y aura pratiquement que des champs de blé, de maïs, de houblons – et que sais-je encore – à perte de vue.
C’est un peu avant midi que notre équipage fait un arrêt dans la petite ville de Salisbury, célèbre pour sa cathédrale.
- La cathédrale de Salisbury
Entourée de charmantes maisons typiques de la région du Wiltshire, la cathédrale de Salisbury écrase par sa majestueuse présence la petite ville provinciale. Elle détient en effet le record de la flèche d’église la plus haute (123 mètres) du Royaume-Uni, du cloître le plus vaste d’Angleterre, et peut s’enorgueillir de posséder l’une des quatre copies de la Grande Charte. Celle-ci, appelée Magna Carta Libertatum, fut signée en 1215 entre le baronnage anglais et le roi Jean sans Terre, et limite en 63 articles l’arbitraire royal et établit en droit l’habeas corpus – empêchant l’emprisonnement arbitraire et le droit des villes à se défendre contre les décisions de Sa Majesté. La construction de la cathédrale (1225) telle qu’on la connaît est antérieure à la signature de ce traité. L’église d’origine se trouvait sur une colline dominant la vallée, au lieu-dit Old Sarum et fut déplacée.
Notre guide laisse place à un de ses collègues, un vieux monsieur du coin qui porte un nom très français. Il m’explique que de nombreux Anglais du Wiltshire portent des noms français, en héritage de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066. D’ailleurs, il se montre très sobre dans ses commentaires sur la France et les Français. Sur les Écossais par contre… ![]()
J’avais entendu parler de Salisbury comme un chef-d’œuvre de l’architecture du moyen âge sans toutefois m’enthousiasmer. Je ne suis pas non plus une très fervente chrétienne ni une fana des églises, mais je dois dire que j’ai reçu un choc dès que je pénètre en ses murs. La première chose que j’aperçois, c’est cette modeste nef de côté, aux arcs majestueux. Les ombres bleutés contrastent merveilleusement avec la lumière ocre filtrée par les vitraux.
Angleterre – Londres:Tower Bridge, London Tower, the City
Fidèle à sa réputation de capitale européenne arrosée, Londres m’accueille le 13 août 2008 avec un ciel où le soleil livre une bataille âpre avec les nuages bien noirs. Ma première aventure commence avec la traversée de l’impeccable Saint-Pancras, gare d’arrivée des Eurostar, dont la propreté tranche singulièrement avec la crasse de la Gare du Nord à Paris. Cela fait un an que je n’ai pas parlé anglais, mais fort heureusement, les réflexes reviennent vite. L’aventure se corse lorsqu’il me faut rejoindre l’hôtel, situé dans la zone portuaire de Canary Wharf et Blackwall. Des amis m’ayant mis en garde contre le coût de la course en « cab », j’opte donc pour le métro. Après plusieurs tentatives ratées de sortie et trois changements, je parviens enfin au Radisson Edwardian Hotel, cossu et propre, avec une vue imprenable sur Greenwich.
Mais le temps presse ; mon séjour ne dure que cinq jours. Après un bref mais coûteux déjeuner au restaurant, je m’empresse de sauter dans un train du DLR (Docklands Light Railways, la ligne de train totalement électrique), en direction de London Bridge.
- Tower Bridge
Il fait un vent à décorner un bœuf à la sortie du métro. Je tourne tout d’abord dans les alentours du Donjon de Londres, absorbant et dégorgeant des flots de touristes. Peu motivée par la perspective de deux heures d’attente pour assister à un spectacle géant de maison hantée, je me dirige vers les quais de la Tamise. Mon œil est tout de suite attiré par le navire de guerre amarré à quai, et que l’on peut visiter. Mais la pluie est là me pousse à m’abriter à Hayes Hall, l’un de ces nombreux entrepôts transformés en centre commercial chic et branché.
Persistante et plutôt fraîche, la pluie continue à tomber. Perdant patience, je m’arme d’un parapluie et entreprends de rallier le Tower Bridge. Le pont, comptant parmi certains des symboles les plus célèbres de Londres, fut construit entre 1886 et 1894 pour répondre à l’augmentation du trafic commercial à l’Est de la capitale. Long de 270 mètres, le pont est une combinaison de deux travées suspendues de 82 m et d’une travée centrale de 61 m, constituée de deux poutres basculantes animées par un système hydraulique, de deux tours néo-gothiques à ossature métallique recouverte. Toujours en fonctionnement, il accueille une exposition permanente sur son histoire dans la travée supérieure, entièrement vitrée.






