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Italie – Rome (2) : les Thermes de Dioclétien, la Piazza Spagna et la Villa Médici

Ce deuxième jour à Rome commence par une visite des Thermes de Dioclétien, qui se situent dans l’environnement immédiat de l’hôtel. J’en avais visité une partie la veille avec la visite de la Basilique Sainte-Marie-des-Anges. Cette fois-ci c’est au tour du Musée National des Thermes.

Les Thermes de Dioclétien

La construction des Thermes commença en 298, commanditée par l’Empereur Maximien. Leurs noms proviennent du frère de celui-ci, Dioclétien. Les Thermes ouvrirent en 306, après l’abdication des deux Empereurs. C’étaient les plus vastes jamais construits à Rome, pouvant accueillir jusqu’à 3000 personnes.

Ils furent en service jusqu’au VIe, époque à laquelle les Goths coupèrent les aqueducs les alimentant. Comme la plupart des monuments romains antiques, ils furent reconvertis en carrières de matériaux pour d’autres constructions.

En 1564, le pape Pie IV chargea Michel-Ange d’aménager l’église qui avait été installée dans l’ancien frigidarium en basilique pour les Chartreux. Ce qui marqua la naissance de la Basilique Sainte-Marie-des-Anges, le dévouement aux martyrs chrétiens étant ajouté par la suite. En effet, les bâtiments des thermes auraient été construits par des chrétiens réduits en esclavage, en conséquence de la grande persécution mise en œuvre par l’Empereur Dioclétien.

Le Musée National des Thermes est installé dans une autre partie du bâtiment central des thermes antiques. Depuis 1990, il accueille diverses expositions temporaires (lorsque les objets sont en attente de trouver une place définitive dans un musée) et des sculptures provenant des divers établissements de thermes de Rome.

L’entrée du Musée National:

Les expositions du Musée :

Le cloître de Michel-Ange:

Une ancienne salle des thermes:

La façade de la Basilique de Santa-Maria-degli-Angeli correspond à l’une des absides de l’ancienne salle des bains tièdes.

Après une bonne heure à flâner au milieu des statues antiques et avoir fait le tour du cloître de Michel-Ange (encombré lui aussi de statues), je me décide à mettre le cap vers l’Ouest, afin de me rapprocher le plus possible du Vatican, dont la visite guidée commence à 14h30.

Chiesa Trinita dei Monti

Trente minutes plus tard, j’arrive en vue de la Piazza Spagna, dénommée ainsi parce que la présence de l’Ambassade d’Espagne la fit longtemps considérée comme territoire espagnole. Bien visible aux pieds des escaliers montant à la Trinita dei Monti, se trouve la fontaine Barcacia, en forme de barque échouée prenant l’eau. Celle-ci fut commandée en 1629 par le pape Urbain VIII aux sculpteurs italiens Bernini (père et fils… les mêmes ayant “commis” la fontaine du Triton, visitée la veille).

J’en profite pour monter la volée d’escaliers montant jusqu’à l’Église de la Trinité-des-Monts, que j’avais aperçue la veille au soir.

Construite sur ordre de Louis XIII, l’Église fait partie des Pieux Établissements de la France à Rome et à Lorette. Ils sont donc administrés par l’Ambassade de France au Saint-Siège (donc de l’État français). L’église est connue pour ses deux clochers symétriques datant de 1495, et son obélisque, provenant des jardins de Salluste et comportant de pseudo-hiéroglyphes gravés par les artisans Romains.

C’est donc sans surprise qu’à la sortie de l’Église, je découvre un panneau m’indiquant le chemin vers la Villa Médici, siège de l’Académie de France depuis 1803. Le sommet du mont Pincio semble décidément être un fief français en terre romaine.

La Villa Médici

Construite pour le Cardinal Giovanni Ricci di Montepulciano autour de 1544, elle fut rachetée en 1576 par le cardinal Ferdinand de Médicis qui, jusqu’en 1587 (année de sa nomination en grand duc de Toscane), l’aménagea pour y placer sa collection d’œuvres d’art.

À l’occasion de la création de l’éphémère Royaume d’Étrurie (État sous dépendance espagnole, créé en échange de la restitution de la Louisiane par l’Espagne) en 1801, Napoléon Bonaparte décida d’y transférer l’Académie de France à Rome, dont le précédent bâtiment avait brûlé en 1793. La Villa Médici accueillit les lauréats du Prix de Rome jusqu’en 1968, date de la suppression du concours. Elle continue à héberger des pensionnaires, sélectionnés désormais sur dossier (et non plus sur concours), pour des périodes allant de six à dix-huit mois (et non plus trois ans comme auparavant). Placée sous la tutelle du Ministère de la Culture et de l’État français, la villa ouvre ses portes à des “artistes” provenant de disciplines très variées, traditionnelles et présentes déjà à l’époque du Prix de Rome (peinture, sculpture, architecture, gravure sur médailles ou sur pierres fines, composition musicale) ou alors nouvelles ( histoire de l’art, archéologie, littérature, scénographie, photographie, cinéma, vidéo et même cuisine).

La villa se visite exclusivement avec un guide, pour une durée d’une heure, avec un groupe limité à 30 personnes. Comme la guide nous l’apprend très vite, il reste bien peu de statues et d’œuvres originales dans la Villa Médici, la plupart ayant été emmenés à Florence au XVIIIe siècle et se trouvent dans la Galerie des Offices ou encore le musée archéologique de Florence. Cependant, les nombreuses copies permettent de donner une image fidèle de ce que fut la Villa au cours des siècles.

La villa vue de la terrasse :

La terrasse et les pins parasols centenaires:

Les jardins vus de la terrasse.

Le verger de la Renaissance, recréé sous l’impulsion de Frédéric Mitterrand lorsqu’il était directeur de la Villa.

Les fresques murales à thématique animalière du Studiolo (bureau de Ferdinand de Medicis).

Sculptures du jardin:

Le Carré des Niobides (fontaine créée par Balthus à partir de moulages, les originales se trouvant à Florence). Dans la mythologie grecque, les Niobides sont les enfants d’ Amphion et de Niobé. Leur mère s’étant vantée d’avoir eu plus d’enfants que Léto, mère d’Apollon et Artémis, les deux dieux les massacrent de leurs flèches.

Dans la Gypsothèque (lieu de conservation de plâtres moulés ou sculptés), on trouve entre autres, un buste d’Athéna:

Les bustes de Castor et Pollux

La Loggia:

Au bout d’une bonne heure et demie, je retourne sur le parvis de la Trinité des Monts, pour admirer le panorama, et aussi essayer de repérer la position du Vatican par rapport à l’endroit où je me trouve. La grande antenne de Radio Vatican (en haut, à droite, dans le fond) me paraît un peu loin pour m’y rendre à pied. Et il est une heure. L’usage du métro, dont une bouche de la ligne A se trouve à Piazza Spagna, s’impose.

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