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Italie – Rome (4) : Forum de Trajan et Catacombes

La journée est prévue sur le même modèle que la veille : un peu comme un marathon, étant donné que j’ai une visite des catacombes prévue dans la journée (exigeant donc une présence à heure fixe au point de rendez-vous, sous peine de rater le départ). Ceci n’empêchant nullement la visite chaudement recommandée par mon guide de voyage…

…moyennant un petit arrêt par la Basilique Sainte Marie des Anges, et un petit moment de mysticisme…

… et une séance shooting Place de la République.

Le forum de Trajan

Depuis la Place de la République, mes pas me mènent donc presque en ligne droite sur le forum de Trajan, dernier des forums impériaux à avoir été bâti, constitué de la colonne Trajane, de la basilique Ulpia et des marchés de Trajan. Sa construction par l’architecte Apollodore de Damas, est le fait de l’Empereur Trajan. Celui-ci, désirant célébrer sa victoire contre les Daces (en 105), voulait que soit construit un forum dont la grandeur et la richesse surpasseraient tous les autres forums de Rome. Celui-ci poussa donc de terre, à partir de 106, pour une inauguration en 112-113.

Je commence ma visite par le marché de Trajan, dont la façade à moitié antique et à moitié moderne, intrigue les passants de la Via Nazionale. L’intérieur est aujourd’hui occupé par une exposition d’ameublement d’intérieur ultra-design, ce qui jure parfois avec les arcades antiques (je ne suis pas trop pour le mélange des genres).

Le forum ayant été creusé dans la colline entre le Capitole et le Quirinale, il était nécessaire de construire des bâtiments pour retenir la masse de terre, et ainsi éviter les éboulements possibles des terre et de roches. Les marchés de Trajan, formant un grand hémicycle concave à deux étages, composés d’arcades et de gradins, remplirent cette fonction, en alliant en plus l’esthétique. Des boutiques bordaient également ses rues, donnant au lieu son nom de « marchés ».

De l’une des plateformes des anciens marchés, sont parfaitement visibles les vestiges de la Colonne Trajane (encore très bien conservées) et les colonnes de la Basilique Ulpia (qui se porte donc un peu moins bien que sa voisine).

À l’origine, la Colonne Trajane était couronnée d’une statue de l’Empereur Trajan, revêtu d’une armure, tenant une lance et un globe. Elle fut remplacée en 1588 sur les ordres du Pape Sixte Quint par une statue de Bronze de Saint-Pierre.

Outre ce panorama, les Marchés de Trajan offrent une vue imprenable sur le Vittoriano, vers lequel je me dirige séance tenante.

Le Monument à Vittorio-Emmanuel

Inspiré de l’Autel de Pergame, ce monument blanc immaculé a été construit entre 1895 et 1911 en célébration du cinquantenaire de l’Unité Italienne. Il rend surtout honneur au roi Victor-Emmanuel II, premier roi couronné par une Italie unifiée en 1861. Si le bâtiment fut décrié au début par les Romains (à cause de sa taille colossale mais aussi parce que sa construction s’est faite au prix de la destruction d’un quartier médiévale), le Vittorianno est devenu tout de même l’un des symboles de la capitale italienne.

D’ailleurs, on ne plaisante pas avec ce symbole lorsqu’on le visite ! Une fois franchies ses grilles, il est strictement interdit de manger, boire, s’accroupir et encore moins s’asseoir sur le marbre blanc. Les contrevenants se font d’abord prévenir d’un coup de sifflet par les policiers en faction. Au deuxième, c’est la porte !

D’ailleurs, l’Autel de la Nation se trouve sous bonne garde.

La flamme éternelle brûlant sur la tombe du Soldat Inconnu (elle aussi est sous bonne garde, mais j’ai réussi à virer les policiers du champ ^^).

L’accès à la statue équestre de VEII n’est pas autorisée…

Assistant justement à une ou deux expulsions, je préfère sortir hors des grilles pour profiter de la vue sur le Forum de Trajan.

Eh, bein ! Qui a dit que les Italiens étaient laxistes ? o_O

Visite des catacombes de Domitille

Arrivée largement en avance au point de rendez-vous, à la Fontaine des Tritons, j’ai le temps de me rafraîchir au Hard Rock Café local. La visite de groupe commence par un trajet en bus d’environ 15 minutes, étant donné que la première catacombe que nous allons visité, la Catacombe de Domitille, se trouve un peu excentrée du centre de Rome.

Ces catacombes, réputées les plus vastes de la capitale, s’étendent sur les terres appartenant jadis à Flavia Domitilla, le long de la Via Ardeatina. Cette noble dame était nièce du consul Flavius Clemens, condamné à mort par l’Empereur Domitien pour des raisons de religion (et sympathies chrétiennes). Flavia Domitilla et l’épouse de Flavius, elle aussi nommée Flavia Domitilla (!), furent exilées dans les îles Pontines. Avant de partir en exil, la nièce du consul défunt aurait mis à la disposition de la communauté chrétienne l’ensemble des biens en sa possession, permettant la construction du cimetière chrétien.

Enfin, c’est l’une des nombreuses versions qui existent au sujet de la création de ces catacombes…

La particularité de cette catacombe est d’être surmontée d’une basilique à abside, avec trois nefs, construite au IVème siècle par le Pape Sirice. Les martyrs les plus importants du cimetière sont Nérée et Achille, deux soldats victimes probablement de la persécution de Dioclétien (304 après J.-C.). Un autre centre très ancien est l’hypogée des Flaviens, remontant à la fin du IIème siècle après J.-C., servant d’hypogée païen privé pour accueillir ensuite, au IIIème siècle, des sépultures chrétiennes décorées de scènes tirées des Saintes-Ecritures.

Il est strictement interdit de prendre des photos à l’intérieur des catacombes de Domitille (et dans les autres catacombes également, d’ailleurs). Un système de capteurs permettrait de surveiller les visiteurs, les contrevenants se faisant vivement tancer à la sortie. De toute manière, la lumière n’est pas assez forte pour faire des photos de qualité (même avec flash), et le côté « visite en troupeau » altère beaucoup le côté mystique et religieux du lieu.

À l’entrée principale de la Basilique, se trouve des moulages de plaques ornées de symboles utilisés par les premiers chrétiens, à l’époque où il ne faisait pas bon de s’afficher comme tel.

On trouve donc l’Ichtus, représentant un poisson formé de deux arcs de cercle, ainsi qu’un acronyme. Le poisson représente l’eau du baptême, et l’acronyme en grec ancien est un jeu de mot désignant Jésus. D’autres variantes existent, associant d’autres signes comme la colombe.

Le bon berger portant un agneau est de loin l’image la plus fréquente pour représenter le Christ.

Le Chrisme : ce monogramme est une simple abréviation pour désigner Jésus Christ. Au centre, le X et le P entrecroisés utilisent les deux premières lettres du mot Christ en grec (cristos). Dans les catacombes (c’est-à-dire, ici), c’est une autre variante que l’on retrouve : un alpha (A) et un oméga (w), qui sont respectivement les première et dernière lettres de l’alphabet grec. Cela fait référence à un texte de l’Apocalypse de Jean, où le Christ déclare : « Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. »

L’Orant : le Christ est représenté en prière, dans une robe blanche de baptisé.

Au bout d’une heure de visite, le groupe reprend le bus pour se diriger vers le deuxième lieu de visite du tour.

La Basilique Saint-Clément-du-Latran

Le bus nous conduit ensuite non loin du Colisée, dans une église qui ne paye pas de mine de l’extérieur, mais qui se trouve avoir été successivement la maison d’un consul romain, puis le site clandestin du culte chrétien au Ier siècle, celui d’un culte païen (celui de Mithra) au deuxième siècle, puis d’une basilique dédiée à Saint-Clément. La basilique actuelle fut reconstruite au XIème siècle, sur toutes les constructions successives s’empilant sur à peu près 30 mètres de profondeur.

La visite de cette basilique permet donc une descente progressive dans les entrailles de la Terre, et dans le passé. Mais ici aussi, pas de photos autorisées.

L’Eglise Santa Maria della Concezione dei Capuccini

L’église suivante où nous sommes conduits ne se trouve pas dans le descriptif du tour que j’ai booké. Il paraît que l’étape est rajoutée lorsqu’il reste du temps, ce qui est le cas en ce jour. Le guide nous informe sobrement que le lieu renferme une crypte « spéciale », toujours utilisée, qu’il faut faire silence et surtout éviter de prendre des photos. Il prévient également que les « personnes sensibles devraient s’abstenir »… et qu’il faut donner une offrande (obligatoirement) à l’entrée.

Et je comprends mieux pourquoi les personnes sensibles risquent d’être indisposées : la crypte se compose de six chapelles, la plupart d’entre elles décorées des ossements de près de 3000 moines capucins. C’est effectivement assez… troublant (voir glauque), tous ces lustres, ou cadrans d’horloge faits à partir de tibias, péronés, ou tous autres restes humains. Sans compter les momies disposées dans de petites loges, dans une posture monacale. Mention spéciale à celui placé sous un grand baldaquin de bassins, desquels pend une décoration de vertèbres.

Celle qui m’a mis la plus mal à l’aise est sans doute la dernière chapelle, avec ses squelettes d’enfants (tous issus de la famille Barberini), dont un scotché au plafond dans une allégorie du spectre de la mort (avec faux et balance confectionnées avec les ossements du bord). En dessous se trouve une épitaphe :

« Nous avons été ce que vous êtes, vous serez ce que nous sommes. »

Et pour bien terminer la soirée…

À défaut d’avoir été subjuguée par cette dernière visite, je suis en tout cas soulagée d’en sortir. Trèèès, même. D’ailleurs, je décide d’aller me changer les idées vers la Fontaine de Trévi, et de me montrer que je suis (encore) bien vivante en m’engloutissant une grosse pizza. Et une bonne bière !

Au final, je me perds une fois de plus sur le chemin du retour, atterrissant par hasard au Palais du Quirinale, le temps de faire quelques photos.

Il ne reste plus qu’à espérer que la visite du lendemain (Colisée et la zone antique) soit un peu plus gaie que celle de l’Église Santa Maria. -_-

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