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Italie – Rome (5) : voyage dans l’Antiquité

De nouveau livrée à moi-même en ce quatrième jour de visite, j’ai décidé de la consacrer toute entière à un petit retour dans l’Antiquité. C’est-à-dire à la visite des sites du Colisée, du Mont Palatin et du Forum romain (et peut-être le Circo Massimo, si j’ai le temps).

Le Colisée

Difficile de manquer cet édifice aux proportions gigantesques : une circonférence de 527 m, pouvant accueillir jusqu’à 55 000 spectateurs. De son vrai nom Amphithéâtre Flavien (amphitheatrum Flavium), il doit sa construction à l’Empereur Vespasien (membre de la dynastie Flavienne). Débuté en 72, il fut achevé en 80 sous le règne de Titus (fils et successeur de Vespasien), qui eut alors la tâche de l’inaugurer. Les festivités d’inauguration durèrent plus de 100 jours, durant lesquels les spectateurs assistèrent à la mort de 2000 combattants, le massacre de 9000 animaux (amenés d’Afrique), et accessoirement, au martyre de nombreux chrétiens. L’arène remplie d’eau fut également le lieu de reconstitution d’une fameuse bataille navale entre les Grecs de Corfou et de Corinthe.

En 107, Trajan fit mieux, puisque les festivités célébrant ses victoires sur les Daces impliquèrent 11 000 animaux et 10 000 gladiateurs, pendant 123 jours.

Son nom de Colisée (Colosseum en latin) proviendrait d’une statue colossale de Néron érigée à proximité.
Il faut bien avouer qu’il est impressionnant, ce Colisée, aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Malgré les centaines de touristes qui s’y pressent, ses proportions gigantesques ne donnent pas l’impression d’être aussi perdu dans la foule qu’au Vatican. Ceux se trouvant en face de moi, de l’autre côté de l’arène, paraissent même bien petits et bien loin. De petites tâches de couleurs, guère plus.

Et en se promenant, il est cependant difficile de visualiser à quoi pouvait ressembler cet édifice au moment de sa gloire. De nombreux tremblements de terre l’ont endommagé (dont celui de 1349, qui fit s’effondrer tout un pan de la muraille extérieure), il fut livré à l’abandon, transformé en cimetière puis en carrière.

Il faut donc faire un petit effort pour s’imaginer à travers ces ruines ce que pouvaient être le Colisée un jour de festivités. L’arène est peut-être celle qui le permet le mieux : le socle en bois couvert de sable ayant disparu depuis des siècles, l’hypogée ou sous-sol est bien visible. De même que son réseau à deux niveaux souterrains de tunnels et de cages situés sous l’arène, où gladiateurs et animaux se tenaient prêts avant le spectacle. L’hypogée était relié par des tunnels à un certain nombre de points à l’extérieur : écuries pour les animaux et dresseurs, casernes pour les gladiateurs.

La vue sur les alentours du Colisée est également imprenable, et donne une touche très authentique. Ici, vue sur l’Arc de Constantin.

Après avoir fait trois ou quatre fois le tour du Colisée, je décide de passer à la suite, le Mont Palatin, en empruntant l’une des sorties restantes sur les 80 que comptaient à l’origine l’Amphithéâtre.

L’Arc de Constantin

Tout proche du Colisée, cet arc de triomphe de 31 mètres de haut commémore la victoire de Constantin au Pont de Milvius contre Maxence en 312. Inauguré en 315, il est le dernier de la série des Arcs de triomphe construits à Rome.

Le mont Palatin

D’après la légende, ce serait le berceau de la ville, puisque c’est sur cette colline que Romulus et Remus auraient été recueillis par une louve, et que c’est sur son versant occidental que Romulus aurait tracé l’enceinte délimitant la cité primitive de Rome. Accueillant les premiers habitants de la future capitale, le mont acquit du prestige en devenant le lieu de résidence d’Auguste avec la construction de son Palais.

Le mont Palatin est tout comme le Colisée, vaste à couvrir, et toutes les zones ne sont pas accessibles, certaines faisant encore l’objet de fouilles ou de restaurations. Néanmoins, il m’est permit de m’approcher de la Domus Augustana, construite par Domitien sur le lieu de résidence des premiers empereurs romains. Octave-Auguste y avait à l’origine racheté les maisons voisines à la sienne pour former un premier complexe. Ses successeurs agrandirent cet ensemble, que Néron finit d’étendre du Palatin à l’Esquilin.

La vue du mont Palatin sur ses environs est imprenable, même éloignée, sur le Colisée.

La colline d’en face.

De droite à gauche : l’Arc de Titus, le Colisée, Santa Maria de Cosmedin.

Ou sur le Forum Romain, prochaine étape de ma visite.

Mais aussi sur les édifices antérieures à la période antique, comme le Vittoriano:

Le Forum Romain

Pour les citoyens romains, le forum constituait la place publique, le lieu de rassemblement où ils pouvaient marchander, traiter d’affaires politiques ou économiques…

Le Foro Romano ne fut pas le premier du genre : non, il fut détrôné chronologiquement par le forum Boarium (littéralement en latin « Marché aux bœufs »), établi au VIIème siècle av. J.-C., qui servait principalement au commerce des bestiaux.

Je commence donc à explorer les lieux, me laissant guider surtout par les silhouettes des ruines qui me semblent les plus familières.

Comme les quelques colonnes du temple de Vesta. Ce petit temple rond aurait été édifié sous le règne de Numa Pompilius au VIIème siècle av. J.-C., sous la Monarchie romaine, ce qui fait de lui l’un des temples les plus anciens du site.

Non loin de là se trouvent les quelques colonnes restantes du temple des Dioscures. Selon la légende transmise par Plutarque, Castor et Pollux seraient venus aider les troupes romaines lors d’une campagne contre le dernier roi de la Rome antique, vers la fin du Vème siècle av. J.-C. Le temple aurait été construit à l’emplacement où les deux héros auraient fait boire leurs chevaux.

En avançant un peu plus, j’aperçois la Colonne de Phocas, dernier monument dressé sur le forum au VIème siècle (à gauche), l’Arc de Septime Sévère, et la Curia, le siège du Sénat romain (tout à droite).

Me retournant une dernière fois, je profite de la vue sur le forum avant de quitter les lieux pour prendre un peu de hauteur… sur la colline du Capitole.

En effet, bien qu’il ne reste pas grand-chose du temple de Saturne, les ruines ne rentrent pas dans le cadre. C’est donc bien mieux de l’admirer du haut du Capitole. Construit au début du Vème siècle av. J.-C., il est dédié à Saturne, qui aurait appris à cultiver la terre aux Romains.

Le Capitole est l’une des sept collines de Rome, qui fut un centre religieux et de pouvoir de la ville. Dans la Rome antique, la roche Tarpéienne servait de lieu d’exécution des traîtres à la patrie, précipités au bas des falaises escarpées. Le Palais Sénatorial a pourtant disparu du sommet de la colline Capitoline depuis des siècles et des siècles. En 1471, le pape Sixte IV fit construire les musées du Capitole pour accueillir quatre statues de bronze, dont la Louve capitoline (figurant Romulus et Remus tétant la louve qui les avait recueillis), symbole de la ville de Rome.

Renonçant à courir jusqu’au Circo Massimo (il est 17h30, et le soleil commence à baisser), je décide de repartir vers le forum de Trajan, afin de l’observer sous un angle de vue différent de celui de la veille.

Après une petite pause dans un café non loin de la Colonne de Trajan (cela fait du bien aux pa-pattes), je me dirige de nouveau vers le Colisée, avec la ferme intention de prendre des clichés de nuit de ce monument emblématique. Il est 18h30 : à 19h15, il fera suffisamment sombre pour cela.

En cours de route, je tombe sur une fresque retraçant l’expansion de l’Empire Romain.

Rome, au VIIIème siècle av. J.-C., à sa fondation. Un simple point dans la botte italienne.

La République Romaine, après les Guerres puniques, en 146 av. J.-C..

L’Empire romain, à la mort d’Auguste, en 14 apr. J.-C.

Puis je m’installe sur un petit muret, en face du Colisée, mais je dois bouger un peu de mon emplacement, vu que les vendeurs de colifichets (Indiens pour la plupart) sont aussi collants que ceux peuplant les abords de la Tour Eiffel à Paris.

L’occasion pour moi de faire le tour du Colisée. Après le côté face, le côté pile.

Et au final, à partir de 19 h, je ne regrette pas d’avoir attendu…

Après un arrêt dans un restaurant près du Colisée, je m’en retourne à l’hôtel. Il ne faut pas que je me couche tard, car la journée du lendemain s’annonce trèès chargée. En attendant mes spaghettis à la carbonara, j’ai eu le temps de compulser mon guide, arrivant à la constatation qu’il me reste beaucoup à visiter. Et pourtant, je n’ai pas chômé jusque-là, mais il y a tout simplement trop de choses à voir à Rome @_@

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