Italie – Rome (6) : Villa Borghèse, Panthéon et ses alentours
Ce vendredi, avant-dernier jour de mon séjour à Rome, se place encore plus que les autres sous le signe du marathon. Il me reste en effet de nombreux lieux à visiter, ceux-ci s’étalant du nord (Villa et jardins Borghèse) au sud (Île Tibérine) de Rome intra-muros, en passant par le Panthéon et ses environs chargés de musées. Quelque chose me dit que je n’aurai de toute façon pas le temps de tout faire.
Jardins et Villa Borghèse
Le nom de cette villa vient du cardinal Scipione Borghese, qui demanda à l’architecte romain Flaminio Ponzio d’agrémenter sa villa suburbaine de jardins au début du XVIIème siècle. Le lieu de villégiature, abritant la collection d’Art du cardinal, se vit ainsi agrémenter de jardins verdoyants et de très nombreuses fontaines.
D’une surface de 80 hectares, les jardins (remaniés au XIXème siècle dans un style anglais) constituent de nos jours un lieu de promenade pour les Romains, et de visite pour les touristes en recherche de culture et d’espaces verts. De nombreux musées se trouvent sur le parc : la Galerie Borghèse, le Musée national étrusque de la villa Giuilia, la Galerie nationale d’art moderne et contemporain, le Musée civique de Zoologie, le Musée Pietro Canonica, le Musée Carlo Bilotti et la Villa Médicis (que j’ai visitée quelques jours plutôt).
Sans s’attarder dans les musées, il faut tout de même compter deux à trois bonnes heures pour arpenter les jardins sans trop se presser, afin de profiter des fontaines et des nombreux points ombragés. Ce jour-là, nombreux sont les visiteurs à profiter de ce dernier jour de septembre pour feuilleter tranquillement un livre sur un banc, et à goûter aux rayons de soleil.
Quelques-unes des nombreuses fontaines du parc:
La statue équestre de Vittorio Emmanuel :
Le bâtiment de la Villa Borghèse accueille la Galerie Borghèse, regroupant une part substantielle de la collection d’Art commencé par le cardinal : peintures, sculptures, antiquités. La collection actuelle accueille également des œuvres de Bernin, de Caravage, de Titien ou de Raphaël. Se trouve également le Musée National des Instruments Musicaux, rassemblant des instruments européens de toutes les époques, ceux d’anciennes cultures (Égypte, Grèce ou Rome antiques) ou d’autres continents (Amérique, Afrique, Océanie).
Le Musée Pietro Canonica est dédié à l’artiste du même nom (1869-1959), à la fois peintre, sculpteur, compositeur d’opéra et sénateur à vie.
Le Parc comporte également des monuments d’inspiration antique, disposés au XIXème siècle dans un souci purement esthétique.
Le temple d’Esculape et son plan d’eau sont inspirés du lac Stourhead, Wiltshire, Angleterre.
Après une brève pause déjeuner dans une ruelle adjacente à la Place d’Espagne, je me dirige vers le Panthéon, m’arrêtant de temps à autre devant les anciens Palais signalés par mon petit guide touristique.
Parmi eux, le Palais Borghèse, l’un des plus importants Palais de Rome, appartenait également à la puissante famille Borghèse. C’était le berceau original de la collection d’Art de la famille, jusqu’à son transfert total en 1891 à la Galerie Borghèse. Les arcades à deux niveaux encadrant un jardin intérieur constituent l’un de ses points de distinctions.
Une petite ruelle typique et haute en couleurs, dont j’ignore le nom. Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver à Rome, et encore moins autour du Panthéon.
Un peu plus loin, une rue étroite m’emmène droit sur la place de Montecitorio, devant le bâtiment du Parlement italien. Outre une présence policière plus visible qu’ailleurs, la place est également occupée par un obélisque égyptien en granite rouge, provenant du temple de Rê à Héliopolis et transporté à Rome par les armées d’Auguste. S’étant écroulé en totalité au Xème ou XIème siècle, il fut remblayé à la demande du Pape Sixte Quint en 1587. Son errance dans Rome ne s’acheva pas pour autant, puisqu’il déménagea encore deux fois avant de trouver sa place devant le Parlement. Complété par de fragments provenant de la colonne Antonine, il fut également affublé d’une sphère de bronze permettant au rayon de soleil de se projeter à travers et d’indiquer l’heure par rapport à une ligne médiane incruster dans le sol de la place.
Le Panthéon
Enfin, après quelques tours et détours dans des ruelles non identifiées (je deviens coutumière du fait) j’arrive place de la Rotonde, juste devant le Panthéon. La place est ornée en son centre d’une fontaine, et surtout d’un obélisque, communément appelé obélisque du Panthéon ou obélisque de la Piazza della Rotonda. Commandité à l’origine par Ramsès II pour s’élever à Héliopolis, il fut sans doute ramené à Rome sous Domitien, en même temps que d’autres obélisques. Eh oui, encore un obélisque déraciné de sa terre natale ! Ce fut en 1711, sous le pontificat de Clément XI, que l’obélisque trouva sa place actuelle, au-dessus d’une fontaine signée Giacomo della Porta.
Pour franchir les immenses portes en bronze de ce Saint des Saints des monuments de la Rome antique (et qui inspira le Panthéon de Paris et la Basilique Saint-Pierre, entre autres), il faut jouer des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule dense.
Construit vers 125 sur les ruines du Panthéon d’Agrippa, le Panthéon d’Hadrien fut peut-être l’œuvre de l’architecte ayant construit les monuments de Trajan (colonne, marché et forum). Rien n’est moins sûr. Il est remarquable de par son immense portique et par sa partie close circulaire, surmontée d’une immense coupole. En son sommet, l’oculus permet à la lumière de filtrer, et aux heures de s’égrainer sur les caissons du mur intérieur de la coupole.
Lieu touristique incontournable, le Panthéon n’en reste pas moins un espace religieux, où des messes sont prononcées. Des messages en plusieurs langues viennent donc rappeler le devoir de silence aux profanes (avec plus ou moins de succès). De nombreuses personnalités sont inhumées en ce lieu, dont le peintre Raphaël, et deux rois d’Italie : Umberto Ier et Victor-Emmanuel II.
Après avoir fait deux à trois fois le tour du bâtiment intérieur (sa forme s’y prête), je joue des coudes cette fois-ci pour ressortir. Le prochain lieu de visite n’est pas loin, puisque la Basilique Sainte-Marie sur la Minerve se trouve à quelques centaines de mètres de là.

















