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Italie – Rome (7) : Santa Maria sopra Minerva, Piazza Navona, Isola Tiberini

Première constatation… et première déception : l’obélisque de la place de la Minerve est en pleine rénovation. Dommage, j’aurais bien aimé prendre une photo de celui-ci avec son piédestal de marbre en forme d’éléphant, mais il faudra attendre la fin de sa réfection l’année prochaine. Il reste tout de même un gros morceau à se mettre sous la dent : la basilique elle-même.

Santa Maria sopra Minerva

Au début était le temple de la Minerve, dédié à Isis et Sérapis, érigé vers -50 par Pompée, qui laissa ensuite la place à une église construite par les Dominicains au VIIIème siècle. La basilique qui s’élève sur les terres romaines de nos jours est plus « récente », datant « seulement de 1370». Elle a tout de même connu de nombreuses modifications par la suite…

L’intérieur de la basilique:

La basilique accueille la dépouille de Sainte Catherine de Sienne, morte en 1380 et canonisée en 1461 par Pie II. Il est d’ailleurs possible d’apercevoir son corps embaumé et placé dans un sarcophage transparent, sous l’autel. C’est l’unique femme dont l’Église Catholique ait reconnu les stigmates.

Outre ce sarcophage, la basilique compte beaucoup d’autres sépultures attirant l’œil par leur décoration, parfois morbide.

Le Christ rédempteur de Michel-Ange fait partie des œuvres reconnues de cette basilique.

De même que la statue de Saint Jean Baptiste, dans une posture digne d’Apollon.

Piazza Navona

Quelque vingt minutes après avoir quitté Santa Maria, j’atteins ce qui fut au Ier siècle le stade de Domitien, situé au nord des Champs de Mars. La Place Navone garde d’ailleurs l’ovale de ce stade, mais c’est bien tout, car elle est entièrement d’inspiration baroque. L’ancien stade en ruine retrouva sa splendeur à la Renaissance, avec la construction de l’église Sainte Agnès en Agone, et trois fontaines : celle de Neptune, celle des Quatre Fleuves et celle du Maure.

La place Navone, ses peintres, la fontaine des quatre fleuves et l’Église Sainte Agnès.

La Fontaine des Quatre Fleuves est une commande papale adressée au Bernin, et livrée en 1651. Quatre sculptures, œuvres d’artistes différents, symbolisent chacune un fleuve et un continent : le Danube (Europe) ; le Gange (Asie) ; le Nil (Afrique) dont la face est voilée, car nul ne connaissait la source alors ; le Rio della Plata (Amérique). L’Australie est absente : pour cause, elle n’avait pas été découverte à l’époque…

Bien entendu, il y a un obélisque au-dessus de cette fontaine. Mais cette fois-ci, point de déraciné d’Égypte : c’était une commande de Domitien lui-même…

La Fontaine des Quatre Fleuves (ici, le Gange) et l’église Sainte-Agnès.

La Fontaine de Neptune de Gregorio Zappalà et Antonio Della Bitta (1574).

La Fontaine du Maure de Giacomo della Porta (1576).

Mais je n’ai guère le temps de m’attarder sur cette place, qui pourtant inspire le farniente, car il me reste beaucoup à voir. Je file donc vers le sud… ou en tout cas, j’essaie d’en trouver la direction.

Campo de’ fiori

Ce n’est pas exactement le bon moment pour se rendre au marché de Rome, dont le pic d’activité se situe le matin. 15 h 30, c’est un peu tard. Mais malgré tout, je m’entête à trouver mon chemin dans les petites rues, bordées d’immeubles colorés aux façades fleuries, donnant un avant-goût de ce que je devrais y trouver.

Le « champ de fleurs » tient son nom du fait qu’au moyen âge, le quartier entier n’était qu’une immense prairie, s’étendant aux pieds de la forteresse de la famille Orsini. Au centre de la place se trouve la statue de Giordano Bruno, un moine dominicain brûlé en 1600 sur condamnation du Saint-Office. Emplacement un brin paradoxale pour cette statue, sachant que les services administratifs du Vatican se trouvent dans le Palais de la Chancellerie, à quelques dizaines de mètres de là…

La place Campo de’ Fiori à la fin du marché :

La cour intérieure du Palazzo della Cancelleria :

Le Palais et la Place Farnèse.

À deux pas du Campo se trouve en quelque sorte une terre française : l’Ambassade de France en Italie, sise au Palais Farnèse. Celui-ci fut acquis par le Cardinal Alexandre Farnèse (futur Pape Paul III) en 1495, puis rénové à sa demande par quatre architectes successifs, dont Michel-Ange et della Porta. Les travaux s’étalèrent en fait sur près de soixante-quinze ans.

L’histoire avec la France commença sous Louis XIV, époque à laquelle le palais abritait déjà l’Ambassade de France auprès du Saint-Siège. Il devint ensuite le siège de l’Ambassade de France auprès du Royaume d’Italie en 1871, puis de la République italienne. En 1936, une convention signée entre l’Italie et la France accorda à cette dernière un bail de 99 ans, sous condition de maintien et bonne conservation des lieux.

Le Palais, outre sa fonction diplomatique, héberge également l’École de France depuis 1876 (ainsi que sa bibliothèque). Sa galerie de peintures est également renommée.

La Place Farnèse vaut quant à elle pour son point de vue sur la façade du Palais, et ses fontaines jumelles de granite en forme de bassine, provenant des thermes de Caracalla.

Isola Tiberina

Je franchis ensuite le Tibre pour suivre le fleuve du côté du Trastevere. Je n’ai malheureusement pas le temps de m’attarder dans ce quartier pourtant chaleureusement recommandé par mon guide touristique, pour me diriger vers une petite île qui s’annonce assez pittoresque à visiter et à photographier.

Signifiant « île du Tibre », la petite île fut d’abord dédiée au dieu guérisseur Esculape, pour lequel fut érigé un temple, aujourd’hui disparu. Ce fut également le ghetto juif de Rome pendant très longtemps : on trouve encore une synagogue et des commerces vendant des produits hébreux à ses alentours. Et surtout l’un des ponts qui le relient au quartier de Ripa, le pont Fabricius, est le plus ancien de Rome (62 av.-J.C.) encore debout.

« Rien ne sert de courir…

… il faut partir à point ». Je ne sais pas si ce proverbe peut s’appliquer à mon cas, mais je décide d’essayer de partir à point le lendemain, vu qu’à 17 h 30, il me reste plusieurs monuments de ma petite liste du jour à visiter. De toute façon, je n’arrive plus à mettre un pied devant, et les ombres sont grandes. Je remonte donc vers l’hôtel.

Au passage, je constate que je peux barrer d’office de ma liste la visite de la célèbre Église du Gesù, qui est fermée au public. Ça, c’est fait -_- !

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