Chine
Chine – Pékin :Le Palais d’Eté et le Temple du Ciel
Le dernier jour à Pékin s’annonce plus reposant que la veille, encore que… Les deux sites que nous devons visiter se trouvent dans Pékin même, mais la densité du trafic routier et l’éloignement de ces spots touristiques nous promettent quelques heures dans les embouteillages. Nous sommes pris en charge par une jeune guide survitaminée, parlant un japonais très chinois et totalement incompréhensible. C’est l’endormissement général dans le bus, mes compagnons et moi-même renonçant rapidement à suivre ses explications.
- Le Palais d’Eté
Situé dans le nord-ouest de la ville, au sommet de la Colline de la Longévité, le Palais d’Eté regroupe un lac, des jardins et des palais sur une superficie de 2.9 kilomètres carrés, dont 2.2 occupés par le lac Kumming. Il fut d’abord connu dès 1750 sous le nom de Jardin de l’Onde Claire. Les artisans de l’époque y reproduisirent différents palais et jardins existant déjà dans l’Empire, et le lac, créé à main d’hommes, visait à reproduire le Lac de l’Ouest dans la province de Hangzhou. L’enceinte du Palais connut des dépravations durant l’invasion franco-anglaise de 1860 (incluant le pillage de l’Ancien Palais d’Eté) et la Révolte des Boxers en 1900. L’Impératrice Dowager Cixi détourna une belle somme des caisses de l’Empire, originellement destinée à la marine chinoise, pour reconstruire et élargir le Palais en 1886 et 1902. Il devint ainsi sa résidence d’été.
Le site du Palais d’Eté rend hommage aux moyens mis en œuvre par l’Impératrice pour en faire un site exceptionnel. Parmi les principaux points à ne pas manquer, on y trouve :
Le Pavillon de Fragrances Bouddhiques, du haut de sa colline
Chine – Pékin :Les Hutong
Le départ en ce samedi est moins matinal que la veille, car notre première étape du jour se trouve dans le quartier de Xicheng, dans la partie Est de Pékin. Le vent souffle en bourrasques et la température est… vivifiante (et oui, Pékin en mars, c’est froid!). Non mécontents de nous trouver dans le bus – avec chauffage – nous écoutons la guide nous faire l’historique du lieu que nous allons visiter.
- Qu’est-ce qu’un Hutong ?
Les Hutong (quartiers traditionnels pékinois) remontent à la dynastie Zhou (1027 à 256 avant Jésus Christ), et étaient disposés autour du Palais Impérial. Les plus proches du Palais, richement décorés, étaient occupés par les nobles de la cour, les marchands et commerçants fortunés. Plus loin du Palais Impérial, d’autres Hutong à la condition plus modeste étaient habités par les artisans et marchands plus pauvres, et les paysans. Chacun à sa place, dans une maison reflétant sa classe sociale et ses revenus.
Cette “politique d’urbanisation” fut sérieusement ébranlée à partir de 1911 et l’avènement de la République de Chine. Durant cette période d’instabilité politique et sociale, les conditions de vie dans ces quartiers se dégradèrent fortement. La doctrine communiste voulant que les biens soient partagés entre camarades, les maisons des Hutong furent morcelées en petites parcelles de neuf à dix mètres carrés, et occupées par des familles sans liens familiaux entre elles.
L’avènement de la République Populaire de Chine en 1949 et la mise en place de politiques « de modernisation » qui suivit, accéléra la chute des Hutong, dont les terrains étaient convoités pour la construction massive de logements. Les quartiers furent rasés, remplacés par des hauts buildings et des grandes avenues aux charmes Maoïstes.
Le 21ème siècle n’est guère plus favorable aux Hutong. A l’approche des Jeux Olympiques de Pékin, ces quartiers bas aux façades grisonnantes et aux petits toits rouges, à l’allure traditionnelle et donc pas chic et moderne, dérangent. Et il y a besoin de place pour construire les buildings en acier, reflets – voir même vitrines – de la Chine moderne du 21ème siècle.
Chine : la Grande Muraille de Chine
Le temps maussade et la pluie qui tombe à grosse goutte n’incite pas à regarder à l’extérieur. De l’autre côté des vitres, chantiers d’immeubles et de bretelles d’autoroutes s’égrènent avec monotonie, offrant toujours le même spectacle de structures grises éventrées, aux dalles plantées de tiges métalliques comme de monstrueux hérissons. De temps à autre, le guide indique une structure à la forme bizarroïde et non achevée comme la future piscine Olympique, ou le futur cours de tennis. La grandeur et la majesté annoncée sont encore absentes, cachées par l’aspect pisseux du béton en construction.
Une fois arrivée en campagne, le paysage change mais ne pousse guère à l’enthousiasme : les bois sont rasés, signe que Pékin va bientôt s’étendre par là. Reste alors de longues étendues brunâtres où quelques troncs d’arbres attendent d’être emmenés vers des industries qui voudront bien d’eux.
- L’enfer des magasins de détaxe
Vers midi, nous faisons une halte dans un restaurant relais pour touristes. Les rangs de notre groupe se resserrent ; il faut dire que nous sommes en minorité face aux occupants de dizaines de cars chinois. Le volume sonore est haut et on se fait pousser sans ménagement. Il faut le dire, les chinois moyens ne sont pas délicats entre eux… et pas délicats non plus avec les touristes.
Le relais a la taille d’un gros supermarché, construit sur deux étages. L’étage supérieur est un gigantesque restaurant pouvant accueillir trois cents personnes. Je serais plutôt tentée de parler de cantine, étant donné que les serveurs, munis de gants plastiques, tirent d’énormes chariots de ghiozza, shumai et autres plats typiques, aussi appétissants que graisseux. Ça tiens au corps, la vraie cuisine chinoise !
L’étage du dessous est réservé aux magasins de détaxe, vendant souvenirs plus ou moins authentiques, nourriture et vêtements, traditionnels ou non. Les touristes chinois sont très attirés par tout ce qui se mange et les vêtements non traditionnels (et pour les plus fortunés, les accessoires démarqués). Les autres touristes se rabattent plus sur les articles et les vêtements traditionnels, et il faut dire qu’ils sont servis. L’article le plus répandu est ici le vase cloisonné, les spécimens allant ici de quelques centimètres à d’énormes jarres de un mètre de haut, et s’entassent jusqu’au plafond. Les vendeurs ne parlent pas tous anglais, mais savent au moins dire : « Mastercard, Visa, Amex, JCB, Okay ! Okay ! ». De petits panneaux ici et là annoncent que les prix ne sont pas négociables (une première pour moi, car pour moi la Chine est le pays où on marchande tout en permanence).
Une heure plus tard, la torpeur s’est installée dans notre minibus et seul le cahotage de la route de montagne nous réveille un peu. A la descente, une bruine froide et cinglante nous fouette le visage. Il faut remonter les cols des manteaux et mettre des gants pour résister à la colère de Gengis Khan, ce vent froid qui vient des montagnes et plonge la Grande Muraille dans la brume.
Le souffle de Gengis Kahn
La Grande Muraille de Chine s’étend sur 6,400 kilomètres. Elle se compose d’une multitude de murs de fortification construits entre le 7ème siècle avant JC et le 16ème siècle après JC, destinés à protéger la frontière Nord de l’Empire chinois. Tous les murs ne sont pas à ce jour en excellent état de conservation ; certains ont disparus, d’autres sont sur le point de s’écrouler.


Chine – Pékin :La Cité Interdite
C’est très tôt qu’un guide vient nous chercher : 7h30. Il est vrai que le programme de la journée est chargée : Cité Interdite et la partie la plus proche de la muraille de Chine sont prévus, ainsi que des arrêts en boutiques détaxées. Je grommelle en maudissant le goût immodéré pour la consommation de marque des Japonais et m’installe le plus loin dans le bus. Comme prévu, les autres touristes me dévisagent tour à tour, se demandant certainement ce qu’une gaijin (“étrangère” en japonais) comme moi peut bien faire ici.
Nous nous retrouvons à 8 heures sur la place Tien An Men, envahie par la brume, la froidure et les touristes. Une grosse majorité d’entre eux sont chinois, étant donné que la destination n’est pas recommandée en général en cette saison par les tours opérateurs étrangers. A ma grande surprise, un couple de japonais âgés vient me dire bonjour, et me propose même de me prendre en photo devant la photo de Mao Zedong. L’ambiance du coup se réchauffe un peu, ce qui ne fait pas de mal, étant donné que la température est basse et le guide, cassant et un peu autoritaire. On sent qu’il a un horaire à respecter et qu’il entend le faire !
La Place Tienanmen est surtout connue à l’étranger pour les révoltes qui éclatèrent en 1989, et qui furent réprimées dans le sang à grand renfort de chars d’assaut. Le nom vient à l’origine de la Porte nord de la Cité Interdite, portant ce même nom, et qui débouche sur la Place. Outre la cité interdite, cette immense place – 40.5 hectares – est bordée ou occupée de monuments à la gloire du peuple chinois, et à la grâce communiste que l’on peut s’imaginer : le Monument des Héros du Peuple, le Mausolée de Mao, le Musée du Peuple. Heureusement, la porte Zhengyangmen apporte un peu de grâce « traditionnelle »
L’un des passages obligés, c’est évidemment la photo devant le portrait géant de Mao Zedong. A noter que les touristes occidentaux sont loin d’être les plus acharnés. Après la pose en règle, nous sommes invités à passer la porte Tienan et à avancer un peu plus dans la Cité Interdite pour sa visite. Avec la relève de la garde en guise de plat d’entrée…
Mao and me… ^^
“He! Je suis pas un “Boby”, moi!”
La relève de la garde. Là, cela ne rigole plus!
Chine – Pékin : Solo en centre ville
C’est en milieu d’après-midi du 29 mars 2007 que je foule le sol de l’aéroport de Pékin. Les murs sont couverts de messages de bienvenue aux touristes dans toutes les langues, où le mot « Olympic Games » revient invariablement. Tout est neuf ici ; le marbre noir est froid et d’une propreté impeccable qui sied parfaitement à la raideur du personnel au sol et des militaires patrouillant autour de la douane. L’inspection douanière est très vite expédiée, et je me retrouve au bout d’une vingtaine de minutes à l’extérieure.
Le paysage est gris et beige, perdu dans la brume, sans grâce. Un brouillard à forte odeur de gaz d’échappement me saisit à la gorge le temps qu’un guide me récupère et me fasse grimper dans un bus affrété par le tour opérateur. A l’intérieur, les autres touristes japonais m’ignorent royalement, ce qui m’indiffère car j’en ai l’habitude ; les japonais n’aiment pas trop se mélanger avec les étrangers lorsqu’ils se trouvent à l’étranger (ce qui est un peu paradoxal).
Il y a environ quarante minutes de route de l’aéroport à l’hôtel. Notre bus se fraie un chemin au milieu des camions de bétonnage qui témoignent de la frénésie de construire qui s’est emparée de la ville. Là encore, la vue est bouchée par cette brume grisâtre et mal odorante. Au fur et à mesure qu’on s’approche de Pékin, les chantiers deviennent plus nombreux, plus hauts. En centre-ville, les traditionnels Utong, ces petits villages de maisons collectives à un étage, se font rares, perdus au milieu des conglomérats de trente étages. L’horizon est sombre et bouché, couleur gris sale et mouillé du béton humide des murs des buildings.

- Visite en solo de la ville
Le guide nous amène à l’hôtel vers les 15h30, nous explique sommairement le programme du lendemain et nous abandonne sans autre forme de procès, nous déclarant quartiers libres. Sitôt mes bagages déposés dans ma chambre, j’entreprends de faire le tour du voisinage, sachant que je suis sensée être seulement à une demi-heure à pied de la place Tien An Men.
Les abords immédiats de l’hôtel sont occupés par des casernes et des bâtiments administratifs. Je n’ai guère le temps de m’arrêter pour voir ce qu’il se passe à l’intérieur, car les entrées sont gardées par des vigiles en faction. A voir la façon dont ils me regardent de travers à chaque fois que je m’arrête devant eux, je ne tiens pas vraiment à soulever un incident diplomatique et je préfère donc passer mon chemin.

Je rejoins une grande avenue encombrée par les véhicules et tombe sur le parc Jigshan, à l’entrée tapageusement ornée d’un globe en argent. L’ambiance est plus à la détente dans ce parc, qui s’étend tout en longueur le long d’une petite rivière. Des personnes âgées jouent au Mah-jong à l’ombre des arbres, ou font leurs exercices de Tai-chi, tandis que des militaires se promènent en discutant. Il y en a même pour pouffer sur mon passage, preuve qu’ils arrivent à être plus détendus lorsqu’ils ne font pas le pied de grue devant un bâtiment. Au loin je peux déjà apercevoir les toits de ce qui est mon but ultime de la journée : la Cité Interdite.








