Inde
Le bêtisier du voyage en Inde ^______^
Ce voyage en Inde a été comme tout le monde l’aura compris, riche en émotions en tout genre. Il a bien fallu décompresser de temps en temps. Je l’accorde, cela n’a pas toujours été fin, mais diablement efficace tout de même !
Inde: la débâcle de l’aéroport Indira Gandhi ^^
Mercredi 2 janvier 2007: La débâcle de l’aéroport Indira Gandhi…
Soupçonneux depuis l’annonce de ce retard plus que conséquent, nous allons vérifier auprès de plusieurs personnes de Air India si l’information est exacte. Sans obtenir de réponses concrètes, nous nous faisons balader à droite et à gauche, de la porte 1 à la porte 4, en passant par les bureaux de toutes les autres compagnies, sauf celui de Air India, qui reste invisible. A bout de patience, nous retournons au comptoir Air India, et le ton montant, nous sommes enfin escortés jusqu’à la sortie de l’aéroport, pour prendre un bus en direction d’un hôtel.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous nous retrouvons à l’hôtel Centaure, un croisement entre l’hôtel Hindoustan de Veranassi, et celui du film Shining. La propreté est douteuse, mais au moins, la pression et la température de la douche est normale. Et puis, nous nous contenterons bien de cette chambre aux tentures de velours poussiéreuses, étant donné que nous repartirons certainement aux environs de 22 ou 23 heures… Petite pause détente devant la télévision, histoire de savourer un peu de pub sauce indienne, et un soap opéra bien ringard.
C’est donc propres et relativement détendus que nous nous rendons au restaurant de l’hôtel, pour prendre notre dîner. Nous rencontrons à cette occasion Paola, une Italienne francophone étudiant à l’Université de Yale, aux Etats-Unis. La conversation va bon train jusqu’aux environs de 22h00, heure à laquelle on nous annonce que nous devons nous rendre à l’aéroport pour embarquement… Très bonne nouvelle : Nous pouvons enfin quitter cet hôtel qui donne la chair de poule !
Les formalités à l’aéroport se font assez vite, et nous retrouvons rapidement dans la zone de transit. Premier problème (majeur) : il n’y a aucune porte d’embarquement indiquée sur le tableau d’affichage. Et a bien y regarder, il n’y a aucune porte indiquée sur notre billet d’embarquement tout court !

Inde : Delhi et New-Delhi
Je me réveille la première sur le coup des huit heures du matin, le dos et les jambes douloureux. Le train cahote doucement en banlieue de Delhi, perdue dans un le brouillard. Le paysage est mi-industriel, mi-naturel, parsemé de bâtiments sans grâce, et parfois de cabanes de fortune.
Nous prions intérieurement pour ne pas arriver à la Gare de Delhi, réputée sombre et pouilleuse. La dernière chose que nous voulons affronter c’est une horde d’enfants en haillons nous demandons de l’argent en nous regardant de leurs grands yeux implorants. Et effectivement, nous arrivons à la gare de New Delhi, plus récente que la gare de Delhi, parcourue aussi bien par les provinciaux que par les hommes d’affaire. Il semble régner une certaine sélection à « l’entrée », basée sur le fait de posséder un billet ou non.
Nous retrouvons toutefois la pauvreté des que nous quittons la zone périphérique de New Delhi (construite par les Anglais à partir du 19eme siècle) pour nous enfoncer dans Delhi, le quartier d’origine de la ville. Là, les bâtiments sont plus délabrés, les bidonvilles réapparaissent, on voit des personnes dormir dans la rue et des linges sécher sur les rambardes de sécurité. Arrivé à un rond-point, le chauffeur verrouille nos portes ; le quartier est fréquenté par les journaliers, qui, transis de froid, attendent qu’un employeur quelconque les prennent pour un travail – légal ou illégal.
Inde : En route pour Delhi…
Le séjour à Bénares est de courte durée, car nous devons repartir juste avant le déjeuner pour Delhi. Le trajet en tarin s’annonce long : 16 heures, dont une partie de nuit, nous attendent. En un rien de temps, nous nous retrouvons donc à faire les cent pas sur le quai de la gare de Vanarassi, notre train ne venant pas, bien-sûr…Nous essayons donc de nous distraire comme nous pouvons, en observant les voyageurs attendre sur le quai, ou enjamber les rails… Un train arrive ; une foule de porteurs s’alignent devant les portes, prêts à soulager les nouveaux arrivants de leurs bagages.

Inde : Sarnath, le berceau du Bouddhisme…
Deuxième étape du jour à Bénarès ; la ville voisine de Sarnath, située à 10 km au Nord-Est de Vanarassi. Buddha y serait venu prêcher sa philosophie après qu’il ait atteint le Nirvana. Il aurait donné son premier sermon parmi une poignée de fidèles dans le parc des chevreuils. En commémoration de cet événement, les fidèles du mouvement bouddhique érigèrent des stupas -pyramides au sommet ovale – sur les lieux mêmes du rassemblement. En 640, Sarnath comptait 1500 moines et une stupa de 100 mètres de haut. Peu de temps après, les envahisseurs musulmans détruisirent la ville, et Sarnath tomba dans l’oublie. Le lieu fut rappelé à la mémoire des hommes lorsque des archéologues britanniques découvrirent les ruines en 1835.


Inde : Benares et les bords du Gange
A peine remis de notre super veillée de la Saint Sylvestre, nous voilà levés à 5h30 en ce premier jour de l’an de grâce 2007, afin d’assister à la cérémonie du lever du soleil sur les rives du Gange. Nous troquons notre guide habituel pour un autochtone, à l’anglais assez élaboré et aux connaissances en histoire hindouistes indéniables.

Bénarès, la cité du Dieu Shiva, est l’un des principaux lieux de culte et de pèlerinage de l’Inde. Successivement appelée Kashi, puis Bénarès, Vanarassi revendique le titre de la plus ancienne cité « vivante » au monde. Sa création remonterait à 1400 avant Jésus-Christ, mais son essor daterait du 8ème siècle, lorsque Shankaracharya, un réformateur de l’Hindouisme, y établit le culte de Shiva. Les Afghans détruisirent Vanarassi en l’An 1300, mais ce fut Aurangzeb, le fils du bâtisseur du Taj Mahal, qui faillit avoir le glas de la cité, en ordonnant lors d’une campagne militaire, le pillage et la destruction quasi-complète des temples. La vielle cité de Vanarassi semble antique, mais peu de bâtiments sont antérieurs au 18ème siècle.
Inde : le trajet Agra-Benares (ou l’épreuve des nerfs)
Il ne faut pas être claustrophobe pour voyager dans un train indien, surtout si on est assis aux places du couloir. Les deux options possibles sont de regarder le paysage par la fenêtre, en ne prêtant pas attention aux vibrations qui font crisser la vitre comme s’il y avait un tremblement de terre, soit s’absorber dans les motifs des rideaux fermant les cabines. Avec un peu de chance, un voisin aura apporté un ordinateur et passera un peu de musique…

Le paysage n’est pas très différent vu du train et vu de la voiture. En train, on a juste l’avantage de passer en plein milieu des villages plus reculés des routes, et de surprendre des bribes de la vie quotidienne : gros porcinets barbotant dans un marécage, ménagère en sahri coloré en train d’étendre le linge, mari assis sur le pas de la porte et enfants jouant avec ce qu’ils peuvent (parfois très près des rails).

Inde : La gare d’Agra
Une fois n’est pas coutume, le départ de l’hôtel est tardif. C’est bien loin de nous déranger, car la célébration du mariage dans la boîte de nuit du sous-sol nous a bien tenus éveillés jusque vers minuit trente. La gare se trouve à 40 minutes en voiture, toute une expédition lorsque l’on songe à tous les véhicules, hommes et animaux qui se dressent une fois de plus sur notre route. En fond musical, encore de la musique pop hindie, et de la dance hindie… Entraîné par l’ambiance, Belmondo appuie sur le champignon… Et nous, on s’accroche à ce qu’on peut.
Puis viennent les adieux déchirants à Belmondo, qui, je vous laisse deviner, se terminent par un échange de billets de 100 roupies. On connaît la chanson…
La gare est habitée par la même saleté que les rues de la ville, avec un léger relent d’urine. Cela ne dérange pas le moins du monde les voyageurs indiens qui se pressent dans le plus grand désordre et manquent de courtoisie aux portes des trains.

Inde : Le Fort d’Agra
Encore tout excités de la visite du Taj-Mahal, nous trépignons dans le 4×4 Toyota, jusqu’à ce que la première vision des murailles du Fort d’Agra nous arrachent des « Oh ! » d’admirations. Occupant l’ensemble de notre champ de visions, les murs en grès rouge ont surgi de terre sans que nous nous y attendions, se détachant d’une netteté incroyable dans le ciel azure.

La construction du Fort d’Agra sur les rives de la Yamuna, fut initiée par l’Empereur Akbar en 1565. Les ajouts majeurs datent du règne de Shah Jahan, qui utilisa son matériau favori : le marbre. Le fort fut élaboré à la fois comme un palais et une place militaire, et devint le lieu d’où gouvernaient les Empereurs Mughal durant un siècle.
La citadelle, en forme d’oreille, s’élève à vingt mètres au-dessus du sol, et mesure près de vingt-cinq kilomètres de circonférence. Beaucoup de bâtiments ne sont plus visibles, détruits par les envahisseurs successifs, puis par les Britanniques, qui l’utilisèrent comme garnison.

Inde : Le Taj Mahal
Notre visite de ce lieu mythique commence par une route défoncée, que nous parcourons à pieds, vendeurs de souvenirs en tout genre fermement accrochés à nos basques… voir tout ce qu’ils peuvent agripper…
Depuis quelques années, l’accès au Taj Mahal est quelque peu restreint afin de préserver le blanc immaculé des façades. Les pluies acides, produites par le monoxyde de carbone des voitures et des industries environnantes, ayant commencé à décolorer le marbre et les incrustations, les véhicules doivent désormais s’arrêter à un parking éloigné d’un kilomètre, et les touristes, finir le parcours à pied. De même, toutes les usines de briquetage ont été fermées et déplacées sur un périmètre de plusieurs kilomètres.

Le Taj Mahal est accessible par trois portes : celle de l’Ouest, du Sud et de l’Est, donnant toutes les trois sur une porte intérieure majestueuse, faite de marbre et de grès rouge, où sont incrustés des versets du Coran. C’est après avoir dépassé cette ultime étape que l’on se retrouve face au paysage le plus célèbre du Taj Mahal : celui du Mausolée dans le prolongement de ses jardins ornementaux faisant la part belle aux jets d’eau. Mais pour arrivée jusque là, il faut montrer patte blanche, c’est à dire franchir le dispositif de sécurité mis en place aux trois portes, comportant fouille des sacs et fouille corporelle. Tout appareil électronique est confisqué d’office, à l’exception d’un appareil photo par personne (ouf, on a eu peur !).
