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Japon, Tokyo

Japon – Tokyo : Le marché de Tsukiji

Suite de mes aventures d’Obon… Bien que la visite de Tsukiji puisse se faire tout au long de l’année…

Le Marché Central de Tokyo est connu par les occidentaux sous le nom plus général du Marché aux Poissons de Tokyo, bien qu’il soit une plaque tournante pour le négoce d’autres produits naturels (légumes, viandes, fleurs, etc), à l’exception du riz. Le premier « fish market » de Tokyo ne se trouvait pas à Tsukiji, mais le long de la rivière Nihombashi, près du pont du nom du même nom. Construit au début des années 1600 sur les ordres de Tokugawa Iyeayasu pour fournir en poissons et produits frais le château d’Edo, il était le point de réceptions des bateaux en provenance de Tsukudashima (dans la baie de Tokyo). Comme de nombreux bâtiments, il ne résista pas au tremblement de terre de 1923 ; ravagé par le feu, il fut déplacé à Tsukiji, plus bas dans la baie, un site officialisé comme Marché Central de Tokyo en 1935.

Ci-dessous; une allée parmi les petits magasins de grossistes:

Dans les allées de Tsukiji

Avec le changement des modes d’acheminement et d’entreposage des produits frais, Tukiji a commencé à montrer ses limites dès le début des années 90. Un plan de rénovation sur 20 ans fut lancé en 1991 par le gouvernement métropolitain de Tokyo (son administrateur), prévoyant l’ajout de nouveaux entrepôts dans de véritables gratte-ciel, et permettant de doubler la capacité du marché. La situation actuelle semble avoir changé, car il serait maintenant question de déplacer le marché aux frontières de la préfecture de Chiba, le long des côtes. Le projet, lancé par M. Ishihara, l’actuel maire de Tokyo, s’appuie sur plusieurs arguments ; le marché, grouillant et toujours tangent sur le point des normes de sécurité (en particulier sur l’amiante), détonne dans une ville désireuse d’obtenir une image de marque « chic et moderne », et montre son inaptitude à s’adapter aux évolutions de la grande distribution. L’approvisionnement est également mis en cause ; à l’heure actuelle, 90% des produits sont acheminés par air jusqu’à l’aéroport de Narita, puis sont re-routés sur Tsukiji par camions (et non pas par bateaux ; la baie de Tokyo n’est guère accessible aux thoniers de haute mer ^^!, et Narita est de-facto l’un des principaux ports du Japon). Les « pro-Tsukiji » avancent que ce déménagement sonnera le glas d’une des grandes traditions de Tokyo, et la mort des petits commerces et restaurants de sushi autour de Tsukiji. De plus, les sols du nouveau site seraient pollués… Qui gagnera cette bataille ? Tsukiji cessera-t’il d’exister à partir de 2012 ? Rien n’est décidé, et un complément d’étude aurait été requis par M. Ishihara.

Début 2000, il y aurait eu plus de 1,500 magasins de gros employant 15,000 personnes. Des chiffres très certainement à réviser à la baisse, le volume traité étant annuellement en chute, passant de 800,000 tonnes en 1986, à 540,000 tonnes en 2006. Le travail commence à 3h00 du matin, et la criée pour le thon à 5h25 (jusqu’à 6h30). Le marché est fermé le dimanche et les jours fériés, ainsi que d’autres jours événements qui lui sont propres.

Près de Tsukiji

Venir à ce marché vers 5h45 est une bonne option, car à cette heure là, le badaud peut assister au ballet incessant des lifts transportant blocs de glaces, palettes remplies de poissons et thons (décapités). La première impression est en fait que ce marché est un franc désordre, un monde grouillant dans l’eau et le sang des poissons. Il convient donc de s’équiper ; pantalons jusqu’aux chevilles, chaussures fermées voire… bottes ! On patauge dans la flotte, et attention aux éclaboussures de bouts de poissons (et oui ^^… Cela découpe sec là-bas… !). Il faut également ouvrir l’oeil et le bon, car les lifts roulent à fond la caisse dans les étroites allées, et il est totalement déconseillé de se faire renverser par l’un d’entre eux, sous peine de voler dans les étalages. Et enfin, les employés du marché sont là pour travailler, et n’hésitent pas à envoyer promener les touristes (on ne peut pas leur en vouloir, leur travail n’est pas facile). Je me suis personnellement perdue dans la criée et me suis faite renvoyée dans la petite zone pour touristes avec un retentissant « Out ! ». Il faut dire que j’avais mis les pieds dans la zone réservée aux crieurs et marchands de gros sous licence. ^^

Panier de crevettes

Des moules géantes ?

Pour finir, quelques photos et vidéos de la criée ; elles ne plairont pas toutes aux amis de flipper le dauphin… Une fois encore, il faut bien comprendre que dans ce marché, le poisson est de la “matière première”…

Vidéos ; une vente à la criée, et dans les petites allées du marché.

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Japon – Tokyo : Errance à O-bon…

Étant restée toute la journée d’hier dans mon appartement, à attendre comme une malheureuse recluse attendant son châtiment… en fait, non, la livraison de mon meuble japonais, aujourd’hui, je n’avais qu’une envie : sortir ! De plus, ce sont les vacances d’o-bon, période de festivités non officielle durant laquelle la plupart des Tokyoites issus des autres préfectures repartent dans leur cambrousse, laissant Tokyo quasi déserte. Un rêve ! Je suis donc retombée dans cet état primaire qui consiste à toujours marcher devant sois, avec son appareil photo à la main ; je suis redevenue une touriste !

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Me voilà donc sur le coup de 13h30, dans le jardin kyu-Yoshida Teien, à Ryogoku (sanctuaire actuel du sumo). Petit jardin sans prétention, encerclé par le béton, mais tout de même bien agréable par cette belle journée ensoleillée – et chaude ! Très chaude ! – le lieu était jadis la propriété de Zenjiro Yasuda, magnat de la finance à l’Ere Meiji. La propriété fut cédée à la ville de Tokyo en 1921, après l’assassinat de Yasuda, mais fut détruit en 1923 par le Grand Tremblement de Terre, puis en 1945. Le jardin actuel n’est donc qu’une « reconstruction », ayant toutefois préservé une certaine authenticité « vieille époque ».

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Il me restait du temps, donc je suis remontée de Ryogoku à Asakusa, en longeant les berges de la rivière Sumida. A ma gauche, la rivière, à ma droite… Hum… L’autoroute suspendue…

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Japon – Tokyo : Fukagawa, l’autre Shitamachi

Ce post, ainsi que plusieurs autres, est consacré à la visite de Monzen-Nakacho et de Fukugawa, lieux symboliques du Shitamachi (“quartiers populaires”) de Tokyo, bien que moins connu des occidentaux que Asakusa ou Ryogoku.

  • Commençons par un peu d’histoire…

En 1657, à l’époque du « Feu des Longues Manches » qui détruisit une large parte d’Edo, et en particulier Nihombashi et Hachobori, la zone s’étendant à l’Ouest de la rivière Sumida n’était qu’un marécage. Une fois les cendres de l’incendie éteintes, les survivants se réinstallèrent dans cette étendue en friche, suffisamment éloignée du cœur de la cité pour les préserver d’un éventuel nouvel incendie(*). Les quelques villages déjà existants devinrent les centres d’un commerce de bois de charpente, et se virent entourés de hangars et de docks.

Ci-dessous; un restaurant typique à la sortie de la station Monzennakacho et une guérite ambulante de vendeur de ramen.

magasin typique de Fukagawa

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Le commerce du bois conduisit de nombreux travailleurs extérieurs à Fukagawa à venir gagner leur pitance dans les entrepôts et les docks, à une époque où il n’existait qu’un seul pont sur la Sumida pour joindre les deux rives. S’y est donc développé un quartier « non-licencié », indépendant de la juridiction d’Edo, pour le plus grand plaisir des travailleurs de Fukagawa. Le feu qui détruisit Yoshiwara contribua a amené d’avantages de clients à cette zone de non-droit.

Le temple Tomioka-Hachimangu

Tomioka Hachimangu

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Japon – Tokyo : Ciel d’août

Une fois n’est pas coutume, je suis rentrée tôt chez moi (18h45) pour cause de livraison. Cela m’a permis d’admirer un splendide ciel rougeoyant au coucher de soleil (et oui, le crépuscule est tôt en toute saison au Japon).


En direction de Shinjuku…

En direction d’Ikebukuro…

Urban sunset Read the rest of this entry »

Japon – Tokyo : Yasukuni-Jinja: la Mitama Matsuri

A la mi-juillet, a lieu chaque année au temple Yasukuni Jinja la fête de Mitama Matsuri, ou fête des lanternes. Cette célébration, où près de 20,000 lanternes venues du Japon tout entier sont exposées sur de hautes palissades, a pour but d’apaiser l’âme des morts résidant dans le Yasukuni.

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Le temple, surtout connu pour faire couler beaucoup d’encres dans les pays asiatiques chaque 15 août, lorsque le Premier Ministre japonais, qui qu’il soit, vient s’y recueillir, a pour vocation d’accueillir les cendres des japonais morts au combat depuis 1853 (une tradition mise en place en 1975 par le Premier Ministre d’alors, Miki Takeo). Il abrite à l’heure actuelle près de 2.5 millions d’âmes, dont 14 criminels de guerre de classe A (le plus célèbre étant Hideki Tojo, ministre de la guerre durant la deuxième guerre mondiale et fondateur des kamikazes).

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Japon : La saison des pluies, une des joies de l’été japonais…

De bonne heure ce matin, j’ai pu observé de mon balcon les effets de la saison des pluies sur le paysage tokyoite… D’habitude visibles depuis chez moi, les tours de Nishi Shinjuku et le Sunshine 60 de Ikebukuro avaient complètement disparu du paysage, ne laissant qu’un grand vide blanc et vaporeux. La période de Tsuyu était en retard cette année (elle s’étend en général de la mi-juin à la mi-juillet), commençant avec le mois de juillet, mais elle est fidèle à sa réputation… Un coup d’œil sur yahoo m’informe que le degré d’humidité est de 83%, et la visibilité de 9 kilomètres (je dirais plutôt 7). Mais quelque chose me dit que ce « brouillard » n’est pas dû qu’à l’humidité, mais à la pollution de la plus grande agglomération du monde…

L’horizon vers Shinjuku ce matin…

Et tel qu’il est par “temps normal”…

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Japon – Tokyo : Les jardins Kyu-Furukawa

Les Jardins Kyu-Furukawa se situent juste à une quinzaine de minutes à pied du Rikugien; il est donc conseillé de visiter les deux sites à la fois, d’autant plus qu’ils ne se ressemblent absolument pas.

Installés sur les anciennes collines de Mussashino, la résidence de style occidentale et les jardins occidentaux et japonais offrent un curieux mélange des genres aux yeux des visiteurs. La demeure fut construite par l’architecte anglais Joshua Condor (1852-1920), qui signa également le bâtiment mythique du Rokumeikan*, la Cathédrale Nikolaï (Ochanomizu), la Résidence Iwasaki (Yushima), et une cinquantaine d’autres bâtiments dans Tokyo. Condor est reconnu comme étant le père de l’architecture moderne au Japon, et a formé les premiers architectes japonais modernes ; Kingo Tatsuno (créateur de la Gare de Tokyo et du bâtiment de la Banque du Japon, à Nihombashi – Mitsukoshi mae), Tokuma Katayama, Tatsuzo Sone and Shichijiro Satachi. La propriété était à l’origine la résidence d’une riche famille de notables de l’Ere Meiji, les Mutsu, avant de devenir celle des Furukawa.

La maison Furukawa vue d'en bas Read the rest of this entry »

Japon : Un vague parfum de fleur de cerisier…

Me voilà donc de retour depuis hier sur l’île qui tremble en permanence ; le Japon, et plus précisément, à Tokyo. J’ai eu d’ailleurs l’occasion d’assister hier à un spectacle rare : l’aéroport de Narita en proie à la désorganisation pour la restitution des bagages. Nous étions pourtant arrivés en avance, 12h30 au lieu de 12h50, mais mes espoirs de participer au Hanami de Canc’ au cimetière de Aoyama est parti en fumée au bout de 45 minutes d’attente devant un tapis vide !

Privée donc de Hanami, et de cette ambiance si particulière où les relents de bière et de yakitori se mêlent au parfum des fleurs blanc rosé, et ou les japonais rouges comme des pivoines assurent le fond sonore, je suis sortie le long des douves de Sottobori, à Iidabashi, pour prendre quelques photos. Une sage décision, car il va pleuvoir aujourd’hui, donc adieu belles fleurs de cerisier !

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Japon – Tokyo : le jardin Rikugien

Situé à une dizaine de minutes de la station de métro Komagome (Nanboku Line), le Rikugien, l’un des parcs scéniques de Tokyo, cache ses trésors derrière un haut mur à la Japonaise, à l’instar de son cousin le Korakuen.

Le nom du jardin fait référence à un système de catégorisation des poèmes en Chine, ayant une influence sur la poésie japonaise waka. Normalement prononcé « Roku » le premier caractère de son nom se prononce à la Chinoise ; « Riku ».

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Japon – Tokyo : Sugamo, le Harajuku du Troisième Age…

C’est par un froid samedi de février, où la bise soufflait impitoyablement sur Tokyo, envoyant le thermomètre frôler les 5 degrés, mais accentuant chaque couleur que mes yeux pouvaient percevoir, que je me suis faite la réflexion à moi-même que cela était parfait pour une balade dans Tokyo. Ni une ni deux, j’ai une fois de plus empoignée mon appareil photo, après avoir « fixé » un petit problème (l’objectif était en train de se désolidariser du reste de l’appareil… Utilisation excessive ?), et me voilà embarquée pour Sugamo.

La rue principale de Sugamo vue d'une passerelle

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